Le théâtre : un outil pédagogique émancipateur à la portée de tous

14/12/2016

Nadia, Activ'Actrice parisienne est allée à la rencontre de Marie qui anime des Activ'Boost et qui à créé les Activ'théâtre :)

 

Le théâtre est puissant, ludique, libérateur. Le cadre sécurisant et bienveillant fixé par Marie dans son atelier théâtre permet à chacun de participer quel que soit son niveau. Endosser un rôle nous permet d’avoir une certaine distance et de nous exprimer, c’est là où réside le paradoxe du théâtre : jouer un rôle pour devenir plus authentique, gagner en sincérité dans nos échanges avec les autres. Le jeu nous rapproche de soi et des autres.

Et pourquoi pas devenir acteur de sa recherche d’emploi !

 

De l’animation des Activ’Boost à l’Activ’Théâtre il n’y a qu’un pas que Marie a franchi avec succès pour notre plus grand plaisir. De surcroît Marie a eu la gentillesse de me recevoir chez elle pour l’interview, c’est pour moi les conditions idéales : un environnement chaleureux propice aux échanges.

 

N.O. : Ton atelier a beaucoup de succès, il a été réclamé encore dernièrement.

Les participants sont transformés entre le début et la fin de l’atelier, quel est donc ton secret ?

 

M. F. : Les ateliers sont construits de manière progressive – ce que je précise du reste en début d’atelier. Je ne force personne à faire quoi que ce soit. Si une personne ne se sent pas suffisamment en confiance pour faire un exercice, elle ne le fait pas. J’ai un déroulé qui permet aux participants d’apprendre à se connaître dans un premier temps – comme la méthode d’Activ’Action – de souder l’équipe, tout cela avec de nouveaux outils comme le mime. Mais je ne vais pas tout dévoiler !

 

 

“La clé pour moi c’est de mettre les gens en confiance,
j’y met toute mon énergie”

 

[NDLR] J’ai pu moi-même me rendre compte des bienfaits de l’atelier théâtre pour y avoir participé plusieurs fois. J’ai vu les gens s’ouvrir au fil des exercices et sortir avec le sourire aux lèvres. Le théâtre peut faire peur au départ et il est parfois difficile de dépasser ce sentiment de vulnérabilité que l’on peut ressentir en période de chômage qui nous fragilise. Marie insiste beaucoup sur le respect de ces deux règles essentielles : la bienveillance et l’absence de jugement. Ce cadre sécurisant est d’autant plus important lorsque l’on est seul face un public.

 

M. F. : Il n’est pas question que les gens se sentent obligés de faire les choses mais qu’ils y arrivent par eux-mêmes. J’explique au préalable l’objectif de chaque exercice. Cela m’a demandé un vrai travail de réflexion. J’ai adapté des exercices que j’ai expérimentés en tant que participante à des cours de théâtre. J’ai pris des idées un peu partout. En tant qu’animatrice, j’ai été forcée de réfléchir en terme d’objectif pour m’assurer que chaque participant comprend ce que cela peut lui apporter.

 

[NDLR] Marie a réalisé un formidable travail pédagogique pour construire le déroulé de son atelier théâtre. Elle a puisé à la fois dans son expérience personnelle, professionnelle, la psychologie et bien sûr le théâtre qu’elle pratique depuis plusieurs années. Ce qui l’a amené à construire des exercices parfaitement adaptés aux objectifs d’Activ’Action.

 

M. F. : L’objectif final de l’Activ’Théâtre c’est de se sentir plus à l’aise en public et plus à l’aise en entretien d’embauche.”

 

[NDLR] Au cours de son expérience dans la pratique du théâtre, Marie a expérimenté des cours très différents. Expression corporelle en Argentine, stage au cours Florent sur l’acteur face à la caméra, etc. Ce dernier lui donne du reste envie de proposer un atelier vidéo à Activ’Action. Une autre composante entre en jeu : l’image de soi !

 

M. F. : Je pense que cela pourrait être une bonne idée de faire un atelier vidéo à Activ’Action – je n’ai pas de compétences en vidéo, mais si quelqu’un avait ces compétences là, je pense que cela pourrait être une bonne idée. Il est courant que l’on n’aime pas notre image mais on peut voir des choses très intéressantes avec la vidéo.

 

 

 

Faire du théâtre, c’est prendre la parole mais c’est aussi le langage du corps

 

 

[NDLR] La prise de parole et le langage corporel, deux atouts que Marie nous invite à développer dans son atelier par une prise de conscience de ce qu’on dégage sur scène et en observant les autres participants. La pratique théâtrale est une activité artistique mais aussi un outil pédagogique assez puissant lorsqu’il a un objectif social. L’improvisation nous pousse à nous exprimer, à exister sur scène et c’est bien pour cela que les Activ’Théâtre ont tendance à nous transformer en l’espace de 3 h 00. Le langage du corps a son importance et il fait partie intégrante du travail de l’atelier. Marie ne manque jamais de faire un retour sur notre expression corporelle.

 

M. F. : De part notre éducation, nos études ou même nos expériences professionnelles, nous sommes très centrés sur le contenu mais pas sur la manière de le dire avec notre corps. Du reste, il me semble qu’il existe des statistiques sur le sujet : plus de la moitié du message passerait par le corps. Que ce soit à l’école ou en milieu professionnel ou dans notre quotidien, je trouve qu’on n’apprend pas à utiliser notre corps pour transmettre un message.

 

 

N.O. : Tu m’a fait une remarque lors du dernier atelier : “Là, tu es bien ancrée” ce dont je n’avais pas pris conscience. Ton retour est très important pour cette prise de conscience que ce soit pour une première participation ou pour suivre notre évolution au fil des ateliers. Tes ateliers évoluent, eux aussi, tu intègres à chaque fois de nouvelles choses. Comment les fais-tu évoluer ?

 

M. F. : Pour moi la base c’est la mise en confiance, mais aussi la prise de conscience.

Le feedback que je fais sert à cette prise de conscience. Je précise toujours en début d’atelier : attention je ne juge pas ce que vous faites, je ne suis pas là pour vous dire si c’est bien ou non, mais pour vous dire ce que vous renvoyez en parlant.

Les ateliers évoluent parce que je tiens vraiment à garder une mixité dans le groupe et qu’ils soient accessible à tous y compris aux personnes qui n’ont jamais fait de théâtre et aux personnes extrêmement timides.

 

N.O. : Un retour d’un participant à nous partager ?

 

M. F. : Une grande satisfaction ces derniers temps a été l’exemple de Charlotte qui a participé à l’atelier la veille d’un entretien et qui m’a appelé le lendemain en me disant qu’elle avait été prise. Elle avait mis en pratique tous les outils qu’elle a pu découvrir au cours de l’Activ’Théâtre, elle pensait que cela avait joué dans son recrutement.

Au sujet des personnes qui se révèlent, qui arrivent à s’amuser, ce qui est puissant dans le théâtre c’est qu’on arrive aussi beaucoup plus facilement à donner de soi quand on est caché par un personnage que lorsqu’on nous dit d’être nous-même sur scène.

 

          Avant un Activ'Théâtre                                        Après un Activ'Théâtre

 

 

L’improvisation : une invitation à sortir du cadre

 

N.O. : Tu nous apprends en improvisation en équipe à écouter et accepter la proposition de l’autre. L’improvisation nécessite donc d’être réactif et d’être très à l’écoute de l’autre.

 

M. F. : Concrètement dans l’exercice, il y a très peu de temps de préparation de la scène, tout se joue sur l’instant. A cela s’ajoute le fait qu’on soit déstabilisé d’être sur scène. Toute la construction de la scène réside dans l’échange qui va se créer entre les personnes qui sont sur scène. Donc pour créer les conditions de l’échange, la base c’est l’écoute et l’acceptation de la proposition de l'autre. Je fais souvent le parallèle dans mes ateliers avec un entretien d’embauche ou avec d’autres situations de la vie courante. Lors d’échanges sur un sujet en particulier, lorsque l’on n’est pas d’accord, on a d’abord tendance à répondre par un “non” avant d’exposer son point de vue.

Le “non” d’emblée casse un peu les possibilités de communiquer. Dans une conversation, cela peut se rattraper mais lorsque l’on est sur scène et qu’on a une histoire à construire ensemble, l’histoire tombe complètement à plat. Rien ne se passe. On met un mur.

 

 

N.O. : Tu as déjà co-animé ton atelier, il me semble ?

 

M. F. : J’invite vraiment tous ceux qui veulent se lancer dans l’animation des Activ’théâtre à le faire! J’ai créé un manuel qui explique tout le déroulé de l’Activ’Théâtre. En co-animant cet atelier, je me suis rendu compte qu’à l’instar des ateliers créés par les Activ’Acteurs, il était tout de même très emprunt de ma personnalité. Si je devais co-animer à nouveau, je pense que je m’y prendrais d’une autre manière pour que la personne qui co-anime avec moi puisse s’approprier l’atelier. La clé de la transmission des ateliers créés par les Activ’Acteurs, c’est que chacun puisse le faire avec sa personnalité et n'essaie pas forcément de reproduire ce qu’a fait l’animateur.”

 

 

N.O. : Comment l’idée de proposer des ateliers théâtre t’es venue ?
 

M. F. : En y réfléchissant cela s’est fait naturellement, j’ai rencontré Activ'Action en novembre 2015 puis j’ai commencé très rapidement à animer des Activ’Boost et des Activ’Up. Pauline m’a poussée à créer un atelier de théâtre puisque c’était une de mes pistes de reconversion professionnelle. On a fait un premier test aux Activ’Days de février, et depuis, j’en anime à peu près un par mois. Je me sens de plus en plus à l’aise, ce qui me permet de tester des nouvelles choses sans forcément avoir la crainte de ce qui va se produire parce que j’ai pris confiance en moi en animant les Activ’Théâtre.

 

 

N.O. : D’autres projets à nous faire part ?

 

M. F. : Je suis en train de créer mon entreprise. Je vais proposer des ateliers d’aide à la prise de parole en public, contribuer à améliorer le travail en équipe au sein des entreprises. Je suis en formation à la création d’entreprise avec l’ADIE jusqu’en janvier prochain.

 

[NDLR] Les techniques d’improvisation théâtrales sont très utiles dans le milieu de l’entreprise en résolution de conflit, cohésion d’équipe ou la prise de parole. Le projet de Marie se place donc naturellement dans le théâtre social. Six mois plus tôt, elle était loin de se douter qu’elle allait créer une entreprise.

 

M. F. : Je suis quelqu’un qui a tendance à beaucoup réfléchir avant d’agir et en en fait à Activ'Action c’est l’inverse qui se passe. Il faut agir et ensuite on peut réfléchir avec les feedbacks des participants. J’ai testé cette méthode et cela a vraiment bien marché. Cela m’a permis de me dépasser – parce que cela me demande une énergie folle d’animer ces ateliers – et puis de m’ajuster, comprendre la singularité de chaque personne et d’essayer d’en dégager le meilleur au final pour chaque participant.

 

 

“Redonner confiance en l’humain”

 

Il a fallu une année de réflexion et la rencontre avec Activ’Action pour que Marie trouve ce fameux fil rouge dont parlait Cédric lors de son témoignage à la “Fail Party”. Celui qui relie nos expériences. Il est parfois ténu et difficile à identifier. Pour Marie c’est de redonner confiance dans l’humain en entreprise. Un beau projet qui s’inscrit dans une continuité, elle, qui a toujours travaillé à améliorer les conditions de travail par le passé. En attendant qu’elle reprenne les ateliers théâtre vous aurez bientôt le plaisir de découvrir son blog de chroniques humoristiques sur le monde du travail "Les gros maux du boulot" 

 

 

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